28 nov. 2005

Taxi driver

Certaines oeuvres cinématographiques soulignent l’importance de la culture personnelle pour dominer (autant que faire se peut !) ses névroses et se prémunir contre les méfaits d’une passage à l’acte dévastateur.

Taxi Driver ou la volonté de changer sa condition 

       « Il est temps, peut-être, de prendre moi-même en main les rênes des événements et d’entrer dans la vie.» Nietzsche, premiers écrits

Taxi_Driver_C’est probablement parce qu’il montre un homme du peuple cherchant sa voie que ce drame psychologique, réalisé en 1975 par Martin Scorsese et Palme d’or au Festival de Cannes de 1976, interpelle si directement le spectateur sur sa propre condition. «Je ne savais pas que les personnages que nous avons créés étaient des héros existentiels. Je n’ai jamais pris de cours de philosophie. J’ai toujours cru aux sentiments de ces personnages.» dira le réalisateur qu’on interroge à l’époque à propos de l’impact du film sur les spectateurs.

L’histoire : un vétéran du Vietnam incarné à l’écran par Robert De Niro travaille comme chauffeur de taxi de nuit pour tromper son insomnie. Travis Bickle s’enfonce inexorablement dans un univers cauchemardesque, se confrontant à toutes les plaies urbaines : prostitution, délinquance, pauvreté, racisme, criminalité, violence. Cette quête de sens désespérée aboutit à une scène de boucherie d’anthologie, où le mal-être du personnage atteint son paroxysme lorsqu’il tente de se suicider après avoir tué plusieurs individus pour sortir une jeune mineure de l’enfer de la prostitution. 

Ce scénario est l’œuvre de Paul Schrader qui s’inspire alors d’une expérience personnelle de « vache enragée » à New York, de sa passion pour les armes à feu, de sa fascination pour le roman existentialiste de Sartre,  La Nausée, et de son étude du journal intime d’Arthur Bremer :  L’homme qui tenta d’assassiner le gouverneur George Wallace.

Certains dialogues du film sont symptomatiques d’un comportement qui appelle une aide, un soutien, voire une méthode miracle pour sauver son existence du naufrage. Un fait divers, montrera quelques années plus tard à quel point ce scénario sombre et désespéré est ancré dans le monde réel. En effet, en 1981, un attentat est perpétré contre le président Ronald Reagan par un déséquilibré. L’histoire dira que cet homme se projetait totalement dans le personnage de Travis et qu’une fascination incontrôlable pour la jeune prostituée interprétée par Jodie Foster, l’avait poussé à tirer sur le Président des Etats-Unis, réinterprétant ainsi de façon très libre, une des scènes du film qui l’obsédait.

Ce film, devenu culte,  traduit de façon violente le souci d’épanouissement personnel qui traverse les cultures modernes depuis la fin des années 60 et la désillusion communautariste (hippies). Les solutions proposées pour se soustraire aux contraintes d’une vie jugée trop désespérante par toute une génération ne sont guère satisfaisantes. La prise de conscience de Travis qui semble saine et légitime le conduira, faute de méthode et de culture, à sombrer dans la violence. C’est la raison pour laquelle Eros et Thanatos tiennent une place prépondérante dans cette histoire sordide où l’affirmation de soi et finalement une véritable pulsion de mort apparaîtront comme étant les seuls moyens de sortir de cet enfer.

Les préoccupations de Travis sont très représentatives de ce qui peut conduire un individu à vouloir changer le cours de sa vie. C’est en outre un fort sentiment de solitude affective et sociale qui entraîne ce jeune homme à reconsidérer sa condition. Il s’interroge sur la nature humaine et plusieurs scènes le montrent en train d’observer ses congénères et leurs faiblesses. Une analyse succincte de certains dialogues du film nous indiquera comment le questionnement et la solitude peuvent conduire à des actes désespérés.

Avec ce premier extrait des considérations personnelles de Travis, on découvre un personnage seul et marginal. Cette « contemplation morbide de soi » est la marque d’un questionnement, l’attente d’un signe qui guiderait Travis vers une destination enfin personnelle, pour ce chauffeur de taxi qui ne fait que conduire ses clients aux leurs.

Travis - Il avait toujours manqué à ma vie le sentiment du port d’attache. Je ne crois pas qu’on doive vouer son existence à la contemplation morbide de soi. Je crois qu’on doit devenir une personne comme les autres.

Travis semble obsédé par un besoin d’appartenance, il veut être reconnu sans pour autant chercher à trop se démarquer du groupe afin de ne plus se sentir exclu.

Le passage suivant témoigne de la sensibilité du personnage à l’égard d’une bénévole pour la campagne du sénateur Palantine, Betsy, une magnifique jeune femme qu’il compare à un ange. C’est aussi le signe d’une préoccupation constante et obsédante : il est en quête du bonheur pour les autres et pour lui-même. De fait, Travis qui perçoit la souffrance de l’autre se sent investi d’une mission à l’égard de certaines personnes, cherchant à communiquer son désir d’évolution et d’intégration.

Travis à Betsy

T – J’trouve que vous avez l’air bien seule. J’vois tous ces téléphones, tous ces machins sur votre bureau, et j’pense que c’est l’vide. Dès l’moment où j’suis entré, où j’vous ai parlé, j’ai senti dans votre regard, à votre façon d’agir dans tout, que vous n’étiez pas heureuse. Y’a quelque chose qui vous manque et si y faut appeler ça un ami, alors disons qu’c’est un ami.

T -J’ai senti que j’avais le droit  d’m’adresser à vous.

Cette déclaration ne s’apparente pas à une scène classique de séduction : les propos de Travis sont d’emblée plus profond. Il n’est pas trompé par les apparences de cette fausse quiétude bourgeoise affichée par Betsy. Il ne s’intéresse pas à son image superficielle, mais plutôt au rayonnement qui émane de sa personne. Il sait qu’elle est seule, il sent qu’elle n’est pas heureuse, il comprend qu’il lui manque l’essentiel : un ami.

Si Travis se sent «le droit » de surgir dans l’existence de Betsy, c’est parce qu’il éprouve les mêmes sensations, mais aussi et surtout, c’est qu’il ne se sent pas de taille à lutter seul pour se construire une vie meilleure. Cette rencontre est plus spirituelle qu’une simple « drague », elle ne se limite pas aux pratiques de séductions habituelles. Travis cherche une âme sœur et par cette intuition qu’il exprime auprès de Betsy, il énonce également le fort besoin d’aide et de soutien que chacun s’évertue à satisfaire dans son relationnel. Car Betsy lui apparaît, malgré les apparences, seule et en manque d’amour, elle n’est pas véritablement concernée par ses occupations qui ne parviennent qu’à la distraire de l’essentiel. Sa «façon d’agir dans tout » trahit un «vide » affectif et passionnel qui selon Travis éloigne Betsy du bonheur, elle ne peut être «heureuse » dans ces conditions et c’est pourquoi il lui faut une aide afin de parvenir à combler ce «manque », peut-être «un ami », une présence encourageante.

Travis à Betsy

T – J’aime pas l’gars avec qui vous travaillez ! Je crois qu’il n’a aucun respect pour vous.

B – Moi c’est bien la première fois que j’vois un garçon comme vous !

Vous savez à qui vous me faites penser ? Cette chanson : « c’est un prophète un pourvoyeur, moitié réel, moitié fiction, ambulante contradiction.

T – Et c’est moi c’type là ?

B – j’pensais au mot contradiction, c’est c’que vous êtes !

Travis se singularise par son souci d’évolution et la lucidité dont il fait preuve pour juger les hommes en fonction de leur comportement. C’est ainsi qu’il se méfie du collègue de Betsy, non par jalousie, mais parce qu’il considère que ce dernier ne peut lui apporter les stimulations nécessaires à son évolution de femme. En portant ce jugement il dénonce la médiocrité de l’intérêt qu’une personne peut avoir pour une autre et qui est presque toujours lié à un fort désir de possession ou de satisfaction d’un désir personnel.

Ce « respect » que Travis place au premier rang d’une relation saine, est le signe d’un souci d’évolution dans les rapports interpersonnels. Ce qui fait de lui une «ambulante contradiction » c’est qu’il tient un discours étrange  et sensé qui tranche avec son statut social et son manque apparent de culture. Il semble qu’il cherche en premier lieu à stigmatiser la banalité et la médiocrité du quotidien, et de l’autre il se fait le prophète annonciateur d’une existence plus épanouissante pour la personne  désireuse de réaliser son potentiel. 

Une coïncidence étonnante fait que dans son livre l’éveil de votre puissance intérieure, Anthony Robbins emploie cette même expression  p.138 :

« Si un grand nombre d’entre nous semblent être des contradictions ambulantes, c’est simplement que nous ne reconnaissons jamais nos incompatibilités pour ce qu’elles sont. Quand on veut aider quelqu’un, on ne peut inculquer cette motivation en l’accusant ou en lui faisant remarquer son inconséquence, mais plutôt en lui posant des questions qui lui feront prendre conscience de son illogisme. »

En faisant ressortir l’incohérence entre les idéaux d’une personne et son comportement, on peut créer une motivation incroyablement efficace pour l’inciter à changer. Et si un grand nombre d’entre nous semblent être des contradictions ambulantes, c’est simplement que nous ne reconnaissons jamais nos incompatibilités pour ce qu’elles sont.

Travis échoue dans sa tentative de sensibilisation à l’évolution personnelle auprès de Betsy, mais il essaie à nouveau avec une jeune prostituée de douze ans, Iris, en attirant son attention sur l’aspect sordide et dégradant de cette vie qu‘elle semble vouloir mener. Il veut la sortir de là et les dialogues qui suivent font ressortir sa manière de procéder pour la convaincre.

Travis - Mais enfin bon dieu ! T’as pas envie de faire autre chose ? T’es encore toute gosse, tu devrais être à la maison avec tes parents, porter des jolies robes, aller à l’école, le truc classique enfin !

Iris  - Mon Dieu ! Toi alors tu dates.

Travis - Non j’date pas ! C’est toi. Tu déconnes oui ! Mais enfin tu t’vois ? tu sors avec toutes les épaves qui traînent dans les rues, et tu t’vends pour un sale petit mac qui relève le compteur… Mais de quel monde tu sors ?

Iris – Mais d’où qu’tu prends le droit d’faire de la morale ? Tu t’ crois mieux qu’nous ? R’garde un peu la poutre qu’est dans ton œil et pas la paille du voisin !

Iris (plus calme) – Et qu’est-ce que tu veux qu’je fasse, que j’appelle les flics ?

T- Oh les flics y font rien, ça c’est connu ! C’est à nous d’empêcher ça.

Iris (qui semble vouloir réfléchir à sa condition) – J’vais aller vivre dans une communauté.

T- Tu vois Iris, j’ai encore jamais vu de communauté, mais ça m’dit rien. J’sais pas, c’est pas net.    

Travis veut attirer l’attention d’Iris sur son inconséquence, mais celle-ci n’est pas prête à entendre ce genre de discours. Notons que le mode de vie de Travis est très semblable à celui d’Iris, du moins dans sa description. N’est-il pas lui aussi en contact avec les bas fonds de la société et son compteur (de taxi) n’est-il pas relevé après chaque nuit de travail ?

Cette vérité est exprimée par Iris lorsqu’elle s’exclame :

– Tu’t crois mieux qu’nous ?

Notons que Travis n’envisage pas la police, censée faire respecter la loi, comme un recours possible dans cette affaire, il s’agit plutôt d’un problème personnel dont la résolution est directement liée au sentiment de responsabilité de chacun : « c’est à nous d’empêcher ça ».

Lorsque iris évoque finalement la possibilité de rejoindre une communauté, Travis exprime une fois de plus sa méfiance à l’égard d’une solution qui éviterait à l’individu de prendre ses responsabilités. Il faut préciser que le proxénète d’Iris est présenté dans le film comme une sorte de gourou qui domine et captive ses ouailles par un charme puissant et une utilisation diabolique du langage pour convaincre chacune d’elles de continuer à se prostituer. On le voit notamment bercer Iris de douces paroles, dans un moment où celle-ci semble perdre la foi : « Je souhaiterais à chaque homme d’être aimé par une fille aussi merveilleuse que toi ».

Un nÉvrosÉ hypersensible

La nausée n’est pas en moi : je la ressens là-bas sur le mur, sur les bretelles, partout autour de moi. Elle ne fait qu’un avec le café, c’est moi qui suis en elle.

Jean-Paul Sartre

La névrose de Travis s’apparente à une nausée quasi chronique qui vient parasiter son existence. Il tente dans l’extrait suivant de se confier à un collègue Taxi, alors qu’il semble être en pleine crise d’angoisse. L’entretien est significatif, il met en exergue le faible niveau culturel des deux personnages et leur difficulté à communiquer. Travis apparaît ici comme un original qui s’empoisonne l’existence, il se distingue par cette réflexion confuse et obstinée qui l’éloigne de la  « normalité ».

Travis à un collègue Taxi.

- Alors ?

T - Ben voilà ! J’te connais bien mais on n’a jamais beaucoup discuté. J’me suis dis qu’t’a dû en voir, alors tu pourrais…

- On m’appelle le sorcier, c’est pas pour rien !

T - C’est que… tu vois, c’est que…

- Ben quoi ! C’est la vie qu’est pas une vie ?

T - Voilà ! c’est la vie qu’est pas…

- C’est normal ça arrive à des tas de gens très bien.

T - Ouais ! J’ai pas l’moral, j’suis déprimé, y a des moments j’me demande, tu vois c’est…  va falloir qu’j’en sorte ! Y a pas… faudra qu’ça pète ou qu’ça dise pourquoi !

- C’est l’taxi à vie qui t’fait peur ?

T - Ouais ! enfin… Non… (silence)… J’ai vraiment… t’sais j’ai vraiment envie de…Ah, y a des moches d’idées qui m’travaillent dans la tête !

- Non, tu vois y faut voir les choses comme ça ! Un mec il a un travail et son travail y’s’confond avec… Tu fais un truc et tu deviens c’truc là ! Moi qui’t’parle j’fais l’taxi depuis déjà 17 ans, 10 ans de nuit et j’suis toujours pas patron. Et tu veux savoir pourquoi ? Parce que j’ai pas envie ! Tu comprends, moi y faut qu’je fasse c’que j’veux, faut qu’je fasse la nuit, faut qu’je conduise le bahut d’un autre ! tu comprends vieux, on devient finalement un travail et puis on n’est plus qu'ça !

Remarque, si j’étais jeune comme toi ! J’vais t’dire !…Bah, à ton âge on tringle, on s’saoule, on a toujours plein d’choses à faire…

On est tous baisés !

T - Des conneries j’en ai entendues, mais des comme ça j’dois dire qu’y a la dose !

- J’suis pas Einstein, j’suis un mec ordinaire, J’fais l’taxi moi…tu veux qu’j’te dise, j’suis même pas foutu d’comprendre de quoi t’as voulu m’parler !

T - Ben j’en sais rien moi-même  alors c’est te dire !

- Ne’t’fatigue pas les méninges, laisse glisser.

Ici, l’isolement est synonyme de souffrance pour celui qui s’interroge sur le sens de la vie. Finalement, Travis est seul. A l’instar de Sartre faisant la démonstration du conditionnement inconscient que subit le garçon de café en exerçant son métier à la manière du serveur modèle, Travis s’entend déclamer une tirade moins stylisée certes, mais tout aussi claire. Se confondre avec ce que l’on fait c’est la condition humaine qui veut ça : « Tu fais un truc et tu deviens ce truc ! » voilà tout le sens que chacun peut trouver à ces agissements. Sartre explique ce conditionnement social dans son livre L’Etre et le Néant :

« Voilà bien des précautions pour emprisonner l’homme dans ce qu’il est. Comme si nous vivions dans la crainte perpétuelle qu’il n’y échappe, qu’il ne déborde et n’élude tout à coup sa condition. » (p.96 de l’éd. Gallimard)

Il se confie à quelqu’un qu’il connaît à peine et dont la culture est médiocre. La conversation qui s’annonçait comme sérieuse et grave, dérive très vite vers des considérations incohérentes, des lieux communs usés qui n’auront pour vertu que de plonger Travis dans la consternation la plus totale, lorsqu’il prendra conscience de l’absurdité de sa démarche.

Le contenu du dialogue fait ressortir plusieurs éléments significatifs des croyances populaires. La dépression touche toutes les catégories socioculturelles, elle est souvent associée au caractère routinier de l’activité professionnelle et elle s’installe durablement chez ceux qui n’ont pas de projet personnel. En effet, l’angoisse du « taxi à vie », voilà qui sous une forme métaphorique souligne l’absence de destination qui caractérise le « mec ordinaire ».

Travis est au bord de la crise, il tente d’exprimer cet état limite qui précède l’irréparable. « Va falloir que j’en sorte… » nous donne la mesure de son angoisse et nous indique sa volonté de trouver une issue à son mal-être. Cette crise existentielle peut déboucher sur l’expression d’une terrible violence, si Travis n’est pas conseillé ou guidé convenablement. En se confiant au « sorcier », il tire une sonnette d’alarme, il attire l’attention et demande une aide qui ne viendra pas.

Le questionnement de Travis est immédiatement perçu comme incongru, il ne faut pas chercher à savoir le pourquoi des choses. Le miroir social renvoie donc Travis à la monotonie de son existence, non sans lui avoir conseillé quelques dérivatifs comme ces activités abrutissantes et enivrantes que résume cette expression : « A ton âge on a toujours plein de choses à faire ! »

Cette compulsion à l’activité qui occupe l’esprit et vous distrait de toute préoccupation existentielle semble dénoncer cette faculté étrange que nous avons de gaspiller le temps en multipliant les occupations les plus absurdes et les plus vaines. Il semble cependant que Travis soit en rupture avec ce conditionnement social et qu’il cherche une échappatoire. 

De la prise de conscience à la rupture

Travis va réaliser progressivement combien il est en décalage avec le monde qui l’entoure. Lorsque son « changement » intervient, il s’agit d’un choc, d’une illumination, soudain il devient impossible de continuer ainsi.

Travis (en voix off)

-Toute ma vie j’ai été suivi par la solitude, partout ! Y a pas d’issue, j’suis abandonné de Dieu !

Les jours passent avec régularité, chaque jour indiscernable de celui qui le suit, une longue chaîne continue. Et puis soudain ! Un changement…

Il faut que je me remette en forme. J’ai trop abusé de moi et depuis trop longtemps. Fini les comprimés, fini la mauvaise nourriture, fini les destructeurs de mon corps. A partir d’aujourd’hui, REORGANISATION TOTALE !

Travis (en voix off) – Ecoutez bien ! Bande de dépravés ! Vous avez devant vous l’homme qui en a marre. Voilà l’homme pour qui la coupe est pleine. L’homme qui s’est dressé contre la racaille, le  cul, la crasse, la merde. Voici quelqu’un qui a refusé ! 

Il est clair pour moi que désormais ma vie ne s’oriente que dans une seule direction. C’est devenu évident, je n’ai jamais eu le choix.

taxi_driver_1_Souffrant de l’isolement et de son insignifiance Travis en vient de lui-même à envisager la « réorganisation totale ». Hélas, cette période de renforcement physique et mental anarchique et dénué de sens fera de lui : une sorte d’ange exterminateur ou purificateur, un justicier qui passe à l’action en extirpant une mineure des griffes de la drogue et de la prostitution. Par manque de méthode, le meurtre est la seule issue possible.  Il cherche désormais à faire disparaître tout ce qui à ses yeux représente le vice et l’absence de toute morale.

Magistralement réalisé, ce film décrit, en respectant chacune des étapes, le parcours d’un individu qui sera un jour amené à ressentir cette sensation de manque, cette insatisfaction existentielle chronique qui nous incite à poser des questions et à rechercher une aide dans le but de renforcer la construction de notre personnalité.

Texte extrait de L’idéologie de la réussite, une étude sur le phénomène du développement personnel.

Par Claude Boiocchi

Coach & consultant

Posté par Claude Boiocchi à 16:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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