04 avr. 2006

Infidèle

infidele_1_Ne dit-on pas des réalisateurs de génie qu’ils brodent toujours sur le même thème? Dans son film Infidèle, sorti début juin 2002 sur les écrans français, Adrian Lyne met en scène une femme entre deux âges qui croit échapper au poids de la vie quotidienne en succombant à la passion.

Dans 9 semaines et demi, Kim Basinger voyait déjà sa vie bouleversée par le coaching érotique du troublant Mickey Rourke. Dans Liaison Fatale, Michael Douglas mettait son couple et sa vie en danger en sous estimant l’incidence d’une brève rencontre avec l’inquiétante Glenn close. Puis ce fut au tour de Demi Moore qui, croyant fuir la médiocrité, acceptait la Proposition indécente de Robert Redford contre un million de dollars. Enfin, le remake réussi du film Lolita de stanley Kubrik mettait en scène un Jeremy Irons déboussolé, éperdument amoureux d’une mineure ensorcelante. Aujourd’hui, toujours devant l’œil attentif d’Adrian Lyne, c’est au tour de Diane Lane d’alléger le poids de ses névroses en répondant à l’invitation au voyage d’un jeune séducteur français pétri de poésie, incarné par Olivier Martinez.

Infidèle apparaît donc comme un classique du genre, une histoire réaliste d’adultère dans laquelle on suit une femme en proie au doute, sorte de personnage bovarien qui aspire à plus d’émotion et d’action et qui désire avant tout être « cueillie » par le désir de l’autre. C’est ainsi que Diane Lane, prénommée subtilement Constance pour l’occasion, décide de ne plus être fidèle à ses principes et à l’idée qu’elle pouvait se faire de son couple. Mariée à un homme bien sous tout rapport (Richard Gere), déjà maman d’un garçonnet, elle se laisse captivée par un jeune inconnu qui flatte merveilleusement sa beauté en méprisant cruellement sa personne et son passé. Voilà donc un personnage féminin dépossédé de son existence par un homme inconsistant, mais esthète et adorateur de « la » Femme. Ainsi de la même façon que le couple formé par Nicole Kidman et Tom Cruise nous engageait à distinguer la réalité du fantasme pour voler au secours d’un bonheur conjugal menacé dans le très pédagogique Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick, la fin tragique d’Infidèle nous incite à reconsidérer la valeur d’une existence face au temps qui passe et qui affadit notre perception des êtres et des sentiments.

Claude Boiocchi

Coach & consultant

Chronique ciné publiée sur e-novateur.org

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